Le
Tiers Age touche à sa fin, et la Terre du Milieu
à son
crépuscule. La Compagnie de l'Anneau va donc
tâcher de
déjouer les projets infernaux de Sauron, force du mal
d'autant
plus difficile à combattre qu'elle est
désincarnée. Qui, des cinq héros,
mènera
à bien la mission ? Gandalf, grand sage qui seul mesure la
portée de la quête ? Aragorn, qui dissimule ses
origines
princières sous les traits d'un rôdeur taciturne ?
Frodon
et Sam, qui sont chargés de la phase finale de la mission ou
Gollum, créature abjecte qui fut un temps
dépositaire de
l'anneau ? Mais quel est donc le pouvoir de cet anneau tant
convoité ? Quelle est donc la signification de
l'énigme
qui figure en première page, en manière
d'épigraphe ?
Tant
de questions qui ne
sont qu'une infime partie du mystère féerique
qui, depuis
1954, ravit l'imagination, autorisée pour un temps
à
s'attarder dans un séjour magique aux forêts
profondes et
ancestrales, aux paysages argentés peuplés
d'êtres
aériens, de jeunes guerrières
intrépides, de
destriers sauvages ayant la fierté de leurs
maîtres, de
viles créatures dont la laideur physique reflète
la
méchanceté... Tous, nous avons
rêvé de ce
repos de l'âme, de même que nous avons craint,
enfants, la
menace sourde et inexplicable. Tolkien, lui, a su nommer cet univers,
et en faire une épopée passionnante,
quête
initiatique où l'errance humaine est regardée
avec une
tolérance rassurante.
Mais
quels sont ces petits
êtres rigolos et surprenants, ces "hobbits" ? D'où
viennent ces accents folkloriques, ce langage essentiel, cette
mélancolie onirique qui teinte l'esprit d'un brouillard
étrange une fois le volume refermé ?
Tant
de questions
auxquelles, heureusement, Tolkien ne répond jamais tout
à
fait malgré les cartes, généalogies,
lexiques et
autres appendices passionnants que son imagination prolifique a fournis
sur La Terre du Milieu.